dimanche 20 août 2017

Les films préférés de... Martin Provost

Remarqué pour son éblouissant Séraphine, Martin Provost mène une carrière plus qu'enviable, qui l'a mené vers des sujets plus légers (Le ventre de Juliette) ou graves (Où va la nuit), devenant un des plus grands directeurs d'acteurs de son époque (très palpable sur Violette). J'ai pu lui parler pour la sortie de Sage femme et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« Il y a beaucoup de choses. Il y a tellement de films que j'aime. Des fois je me dis qu'il faudrait que je fasse une liste. (rires) J'en ai vu tellement. Quand j'étais jeune, j'allais deux fois par jour au cinéma. J'ai commencé à faire des films tard. C'était mon rêve, j'étais acteur avant, mais j'ai passé ma vie au cinéma. C'était ma raison de vivre depuis très jeune.

J'ai toujours autant de plaisir à voir Amarcord de Fellini par exemple qui est un grand film. Mais il y a aussi Un condamné à mort s'est échappé de Bresson qui est un chef-d'oeuvre, Barberousse de Kurosawa, Muriel d'Alain Resnais. Truffaut évidemment avec Les 400 coups. Le dernier métro est un film absolument extraordinaire. L'enfant sauvage est presque mon préféré de Truffaut. Il y en a tellement d'autres. Claude Sautet aussi. Les choses de la vie est un film formidable, César et Rosalie aussi. Il y a beaucoup de films.

Je ne vous cite pas de films contemporains, car il n'y en a pas un qui me vient là. Les Trois femmes d'Altman est un chef-d'oeuvre. Chez vous, Arcand, Le déclin de l'empire américain, c'est vraiment formidable. Ça n'a pas vieilli. Sinon Fassbinder avec Le mariage de Maria Braun et surtout Tous les autres s'appellent Ali. Peter Greenaway, Retour à Howers End... il y en a plein! »

Film du jour: Et vogue le navire

Dernier grand film de Fellini, Et vogue le navire est une fresque jouissive parsemée de personnages singuliers et de métaphores puissantes. Une ingénieuse satire de la bourgeoisie qui prend racine au début de la Première Guerre mondiale et qui illustre les vices en place. Verbeux, gentil et éclaté, l'effort se savoure comme du champagne, dont les effets se font toujours ressentir de nos jours. ****1/2

samedi 19 août 2017

Sorties au cinéma: Wind River, La jeune fille sans mains, It's Alright Michel, Logan Lucky, L'amour et la paix, Ingrid Goes West, The Hitman's Bodyguard

Alors que la saison cinématographique semble s’essouffler, de plus petits films indépendants prennent la relève.

Wind River: Taylor Sheridan (le scénariste de Sicario et Hell or High Water) reparle brillamment de l'Amérique dans ce western enneigé qui happe allègrement. ***1/2

La jeune fille sans mains: C'est une animation singulière que propose Sébastien Laudenbach qui offre un conte cruel mais parsemé de lumière, avec des dessins d'une rare poésie. ***1/2

It's Alright Michel: Ce documentaire de Marie-Pierre Grenier sur un sujet d'exception séduit par sa sensibilité et sa façon de titiller sa forme cinématographique, en perpétuel mouvement. ***

Logan Lucky: Steven Soderbergh revient au cinéma avec un divertissement ludique et cocasse. Comme si les frères Coen reprenaient Ocean's Eleven. ***

L'amour et la paix: Après une trop longue absence, Emir Kusturica retourne à la fiction avec cet essai plus ou moins convaincant, fantaisiste mais trop long, répétitif et pas assez poétique. **1/2

Ingrid Goes West: Les idoles à l'ère des médias sociaux versent trop dans les clichés au sein de cette comédie au casting solide qui n'énonce aucune nouvelle idée depuis The King of Comedy. **1/2

The Hitman's Bodyguard: Ce long métrage d'action daté aurait eu sa place à la fin des années 90. En 2017, il est seulement ennuyant, alors que Samuel L. Jackson et Ryan Reynolds ne semblent jamais jouer dans le même film. **

Présenté à Cinemania l'année dernière, Mal de pierres de Nicole Garcia est projeté ce lundi à 21h à la Place de la Paix. Marion Cotillard y brille bien que le récit demeure souvent soporifique. **

Film du jour: Martha

Mi-satire de la bourgeoisie, mi-suspense horrifique, Martha de Rainer Werner Fassbinder intrigue, irrite et fascine dans sa façon de convier à la même enseigne le cinéma de Sirk et celui de Hitchcock. Le film, très gros et peu subtil, fonctionne malgré tout par l'immense soin apporté à la réalisation et le jeu fou furieux des comédiens. C'est physiquement décapant... et quelle finale troublante! ***1/2

vendredi 18 août 2017

Entrevue La jeune fille sans mains

Étonnante animation qui sort largement de l'ordinaire, La jeune fille sans mains est le premier long métrage de Sébastien Laudenbach. J'ai rencontré le cinéaste lors de son récent passage à Montréal et mon entrevue se trouve dans les pages du Journal Métro.

Film du jour: Kill, Baby... Kill!

Avec son ambiance malsaine, ses éclairages hors de l'ordinaire et ses envolées de psychotropes, Kill, Baby... Kill! représente la quintessence du cinéma de de Mario Bava. Il propose ici un film gothique et mélancolique à souhait sur une fillette qui semble éliminer des gens de l'outre-tombe. Sinistre, divertissant et sûrement mémorable lorsqu'il sera représenté jusqu'à dimanche sur les écrans du Cinéma du Parc. ***1/2

jeudi 17 août 2017

Film du jour: The Ninth Gate

La Cinémathèque québécoise présente ce soir The Ninth Gate, cette oeuvre immensément oubliable de Roman Polanski, où Johnny Depp part à la recherche du Diable. Telle une parodie du film d'enquête où le héros passe son temps à boire et à fumer, ce long métrage parsemé de fils blancs fait souvent sourire et s'il n'y a rien d'inédit au menu, un certain charme kitsch en ressort. **1/2