lundi 23 octobre 2017

Film du jour: Le peuple invisible

La Cinémathèque québécoise célèbre le 10e anniversaire du documentaire Le peuple invisible de Richard Desjardins et Robert Monderie en le présentant à nouveau. Sans être toujours subtil, le brûlot demeure implacable et primordial dans sa façon de montrer comment les gouvernements ont multiplié les décisions afin d'impacter le sort de peuples algonquins. À méditer. ***1/2

dimanche 22 octobre 2017

Les films préférés de... Raoul Peck

Cinéaste et scénariste haïtien engagé, Raoul Peck s'est fait connaître pour le long métrage de fiction Lumumba et le documentaire I Am Not Your Negro, qui s'est retrouvé aux Oscars plus tôt cette année. J'ai rencontré le réalisateur pour la sortie du Jeune Karl Marx (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« C'est toujours difficile pour moi de répondre à cette question. J'aime beaucoup de films, de réalisateurs. Parfois c'est juste quelques scènes dans un film. C'est clair que j'ai des parrains, des gens comme Costa-Gavras, Chris Marker, Godard. Mais également l'ensemble des jeunes cinémas cubains des années 60 et 70, le cinéma latino-américain, brésilien, africain.

Je tire mon inspiration partout et justement, l'idée c'est de faire des films qui soient compréhensibles partout. Je n'ai jamais fait du cinéma pour un lieu précis. Je me sers de tout ce qui fonctionne, qui me permet d'aller au fond d'une idée.

J'ai été nourri par le cinéma américain, bien sûr, comme une bonne partie de la planète. J'en parle dans mon film I am Not Your Negro, où James Baldwin en fait la déconstruction. Ce cinéma dominant transporte non seulement des histoires, mais une idéologie qui donne une vision du capital, qui réconforte ce capital, qui fait vendre de la marchandise, etc. C'est un parfait reflet de la société capitaliste. Je ne peux pas empêcher le fait que j'ai été élevé par ce cinéma-là. Donc mon rôle est aussi de le déconstruire pour essayer de construire autre chose.

Je suis ouvert dans mes choix et j'aime beaucoup le cinéma. Même si j'ai fait le choix de faire un cinéma qui soit différent et qui ne soit pas dans l'acceptation du statu quo. »

Film du jour: Model Shop

Incompris à sa sortie en 1969, Model Shop est un des films les plus mélancoliques de Jacques Demy. Concluant sa trilogie amorcée par Lola et Les parapluies de Cherbourg, deux longs métrages plus exubérants, ce drame tourné en anglais sur un homme qui est attiré par une femme mystérieuse est un parfait reflet social et économique de son époque. Surtout qu'il pose sans cesse des réflexions probantes sur le réel et la chimère dans une ville aussi insaisissable que Los Angeles. Une errance au rythme désordonné, qui est portée par la grâce naturelle d'Anouk Aimée. ***1/2

samedi 21 octobre 2017

Sorties au cinéma: The Florida Project, Visages villages, Les affamés, Sur la lune de nickel, Leatherface, The Snowman

Les oeuvres de qualité abondent cette semaine sur les écrans de cinéma.

The Florida Project: Après son surestimé Tangerine, Sean Baker est de retour avec cet opus génial sur le quotidien d'une fillette et de sa mère. Comme portrait de l'Amérique actuelle, il ne se trouve rien de mieux. Surtout que l'effort plein de liberté et de vitalité bénéficie d'improvisation salvatrice, d'interprètes hallucinants et d'une finale bouleversante. ****

Visages, Villages: Agnès Varda et le photographe JR prennent la route dans ce documentaire touchant et essentiel sur la mémoire, qui parvient à créer de la beauté et de la poésie à partir de destins de gens inconnus. On en redemande. ****

Les affamés: Robin Aubert vient de signer un des meilleurs films de genre de la Belle Province. S'il y a effectivement des zombies et du gore au menu, c'est pour mieux l'enraciner dans des thèmes profonds et très québécois. Un modèle à suivre. ***1/2

Sur la lune de nickel: C'est un joli documentaire sur une région inconnue de la Russie qu'offre François Jacob. Brillamment photographié, l'essai prend le pouls de sa population et palpe les fantômes du passé sans trop se soucier de se vautrer dans les répétitions. ***

Leatherface: Présenté dans quelques salles de cinéma et en vidéo sur demande, cet antépisode à Texas Chainsaw Massacre de la part de Julien Maury et Alexandre Bustillo s'avère totalement inutile, rarement sanglant et au final bien peu amusant. *1/2

The Snowman: Après deux excellents longs métrages, on tombe de haut devant le nouveau Tomas Alfredson qui adapte n'importe comment un livre à succès. Tout sonne faux, de la réalisation ampoulée aux performances sommaires de nombreuses vedettes. *1/2

Film du jour: La vierge mise à nu par ses prétendants

Le hasard fait bien les choses dans La vierge mise à nu par ses prétendants de Hong Sang-soo, qui raconte une romance selon le point de vue masculin puis selon le regard féminin. Cela donne une oeuvre trop longue mais terriblement sympathique et évocatrice, plus sombre qu'elle n'y paraît, qui séduit amplement par sa mise en scène minimaliste et son humour décalé. ***1/2

vendredi 20 octobre 2017

5 raisons d'aller voir Les affamés

Les affamés, le nouveau et très beau film de Robin Aubert, prend l'affiche aujourd'hui. Voici au moins 5 raisons de ne pas manquer ça. Mon texte se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: The Texas Chain Saw Massacre

Ce sera le délire au Cinéma du Parc jusqu'à dimanche alors qu'on présente The Texas Chain Saw Massacre, le chef-d'oeuvre de Tobe Hooper. De tous les films d'horreur, voici certainement le plus physique et sauvage, qui utilise l'image et le son pour décupler la frousse chez le spectateur. Malgré toutes les imitations, rien ne vaut l'original, et on se plaira à arpenter à nouveau cet espace parsemé de terreur qui a révolutionné la façon de se trucider à l'écran. ****