lundi 5 décembre 2016

Film du jour: The Parallax View

Difficile de trouver un film plus paranoïaque que The Parallax View, ce fabuleux thriller d'Alan J. Pakula sur le décès brutal d'une figure politisée qui ne serait peut-être pas commis uniquement par un fou dangereux. Le récit extrêmement efficace donne des cauchemars avec son script d'une rare intelligence et des scènes puissantes et dérangeantes. Warren Beatty offre toute une performance dans le rôle principal et malgré quelques moments plus arrangés par le gars des vues, on ne s'y ennuie aucune seconde et le constat sur l'Amérique glace littéralement le sang. ****

dimanche 4 décembre 2016

Les films préférés de... Pascale Montpetit

Figure omniprésente de la scène, du petit et grand écran, Pascale Montpetit est apparue dans des films aussi variés que Eldorado, Le coeur au poing, HCoteau rouge, Tromper le silence, Savage Messiah et The Girl in the White Coat. Elle se retrouvait dans l'impressionnante distribution du délirant Embrasse-moi comme tu m'aimes d'André Forcier et c'est là que je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

Pascale Montpetit: Je vais piger dans les classiques. Pour moi, André Forcier est mon cinéaste préféré au Québec. En ce moment. J’aime Fellini, Almodovar, John Cassavetes beaucoup, beaucoup. Woody Allen, j’ai toujours un plaisir à le retrouver. Il y a des films de Bergman qui m’ont jetés par terre. Volontairement, j’y vais dans l’ancien et pas au Québec, parce que je n’ai pas le goût de comparer les œuvres des autres. Mais je me rappelle que lorsque j’ai vu Au clair de la lune de Forcier, je suis tombé sur le derrière. »

Moi : Cela a toujours été mon film préféré de Forcier...

PM: Je revois Michel Côté parler de son coat jaune hépatite. Ah, cibole, quelle affaire! Et L’Immaculée Conception. C’est fou comment on s’attache. On dirait que les films de Forcier, ce sont mes amis personnels que je revois de temps en temps et que je retrouve avec un immense plaisir. Ça traverse le temps, ça ne vieillit pas deux cennes. Et ça n’a rien à voir avec les nouvelles technologies, les effets spéciaux. C’est la fibre, l’ADN de sa façon de réaliser et de scénariser. 

Film du jour: In a Year with 13 Moons

La Cinémathèque québécoise propose une formidable rétrospective de quelques films de Rainer Werner Fassbinder. Celui qu'il ne faut surtout pas manquer et qui est présenté ce soir est In a Year With 13 Moons. Il s'agit de son oeuvre la plus personnelle, une de ses plus denses et impressionnantes formellement. Lorsqu'un homme devenu femme repart sur les lieux de son passé, le cinéaste allemand se permet de parler de politique et de dépendance amoureuse, multipliant les influences et les courants pour offrir un opus riche et abstrait, qui fascine à chaque nouvelle écoute. ****1/2

samedi 3 décembre 2016

Film du jour: Underground

S'il n'y a qu'un film à retenir de la riche filmographie d'Emir Kusturica, c'est bien Underground. Palme d'Or en 1995, cette immense fresque drôle et triste à la fois traite d'un sujet délicat d'une manière unique. Tout de la mise en scène (la musique, l'image) vient sublimer une réalité de fin du monde et sa renaissance possible fait pleurer abondement. Un opus essentiel, que l'on pourra revoir ce soir au Centre Phi. ****1/2

vendredi 2 décembre 2016

Sorties au cinéma: Nick Cave - One More Time With Feeling, L'avenir, Le manipulateur, Chez les géants, Le goût d'un pays, Antibirth

C'est la semaine de transition au niveau des sorties cinéma avant l'arrivé des superproductions de Noël et des films à Oscars.

On en profite pour découvrir Nick Cave - One More Time With Feeling, le magnifique documentaire en noir et blanc et en 3D d'Andrew Dominik sur cet artiste d'exception. Tout y passe, du processus de création à la difficile mort de son fils, et si les larmes seront nombreuses, l'ensemble n'est jamais trop déprimant. Un portrait intimiste absolument essentiel. ****

Proche cousin de Elle en plus soft, L'avenir qui met en vedette l'excellente Isabelle Huppert en femme éprouvée par la vie continue la réflexion de la cinéaste Mia Hansen-Love sur le temps et les relations humaines. Subtil, le récit s'inscrit dans l'inconscient et il finit par charmer grâce à son intelligence. ***1/2
Ma critique

Découvert grâce à Anatomie d'un double crime, le réalisateur Alberto Rodriguez offre un nouveau suspense brillamment réalisé, cette fois plus léger, divertissant et absurde. Reprenant un schéma éprouvé à la Scorsese, Le manipulateur (El hombre de las mil caras en version originale) raconte l'incroyable histoire vraie d'un homme puissant qui a magouillé dans des affaires politiques et louches. ***

Impossible de ne pas sortir ébranlé de Chez les géants, ce documentaire d'Aude Leroux-Lévesque et Sébastien Rist qui porte sur un jeune Inuit. Poésie et social se fondent un dans l'autre et si les images sont parfois plus éloquentes que la narration, ce qui en ressort ne manque pas d'émouvoir. ***

En comparant le désir du Québec de devenir un pays à la récolte de sirop d'érable, Le goût d'un pays de Francis Legault s'adresse d'abord aux convertis. Le message est clair, le symbolisme peu subtil et les intervenants assez éloquents. Cela n'explique cependant pas toutes ces répétitions qui forment du renforcement et qui laissent un certain goût amer en bouche. **1/2

Disponible en vidéo sur demande, Antibirth de Danny Perez est un mélange improbable entre un drame d'horreur à la Cronenberg et une comédie stoner façon The Big Lebowski. S'il y a de quoi faire plusieurs films et que l'interprétation d'ensemble demeure satisfaisante, l'ensemble ne prend pratiquement à aucun moment. **1/2

Film du jour: Chat noir, chat blanc

Présenté demain au Centre Phi, Chat noir, chat blanc est le délire qu'a signé Emir Kusturica tout de suite après son chef-d'oeuvre Underground. Un conte drôle et mordant sous fond de romance et de cupidité. Sans être un grand crû, le récit sans temps mort est irrésistible, porté par une horde de personnages savoureux et une mise en scène étourdissante. Voilà une introduction parfaite à son univers riche et unique. ***1/2

jeudi 1 décembre 2016

Film du jour: White Girl

Présenté au Centre Phi ce soir, demain, ainsi que le 15 décembre, White Girl d'Elizabeth Wood est le portrait trash du quotidien d'une jeune femme qui s'émancipe grâce au sexe et à la drogue. Malgré une prestation impressionnante de la protagoniste (Morgan Saylor), le film n'arrive jamais à s'extirper de ses clichés et son traitement un brin racoleur rappelle Spring Breakers en beaucoup moins bon. **1/2